La blog de Bertrand Dussauge

Les Echos ont accompagné l’acquisition du groupe Taittinger

Ajouté le Oct52005
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Il existe aussi des OPA de sociétés étrangères sur des groupes français qui touchent la sensibilité des souverainistes sans que les médias n’aient le temps de mobiliser les pouvoirs publics.

Le fonds d’investissement américain Starwood Capital termine de réaliser son acquisition du groupe Taittinger pour lequel il a déboursé déjà plus de €2,8 milliards. Starwood, partenaire de Goldman Sachs sur cette opération, n’a été cité dans la presse que le 8 juillet dernier par Les Echos qui avait obtenu les premières confidences.

Fier de ce scoop, le quotidien financier n’a pas perdu haleine entre le 8 juillet et le 30 septembre en publiant vingt-huit articles sur le sujet, à volume égale avec l’AFP. Mais le feuilleton de juillet aura duré au-delà de l’ouverture des enveloppes des six enchérisseurs le 20 juillet dont Wendel et Carlyle, les finalistes. Ainsi, plus de 36% des 396 articles parus entre le 8 et le 30 septembre ont été publiés en quatre jours.

Le plus surprenant repose sur la faible visibilité de cette opération à l’étranger notamment aux Etats-Unis dont les médias n’ont propagé que 15% du flux total.

Voilà une opération menée sans fuite vers les médias, contrairement à celle de Pepsico avec Danone cet été. Le montage de ce deal aura coûté plus de €33 millions, silence compris. Le prix retenu par les actionnaires de Taittinger a été supérieur de plusieurs dizaine de millions d’euros à celui des meilleurs concurrents de Starwood qui ont, semble-t-il, regretté l’idée du scénario de la vente par appartements de certaines filiales comme le champagne. Avant l’issue de cette opération de revente, prévue en 2006, les actions cesseront d’être négociées sur les marchés publics et le montant encaissé par Starwood pourrait largement rembourser les écarts constatés.

Les comportements des médias deviennent prévisibles quand on étudie quotidiennement 10000 sources médias et plus de 70000 entreprises depuis plus de quatre ans avec le logiciel d’analyse Périclès de Datops. Par exemple la fusion non souhaitée par les marchés dès le mois de juin, entre le leader des études de marché VNU et IMS Health dépend maintenant de la tonalité des médias. Ou bien, l’acquisition totale de la filiale Electrabel par le groupe Suez, saluée en août par les analystes et le fond minoritaire américain Knight Vinke, est toujours conditionnée en septembre par l’adhésion des communes belges.

L’influence et la nature des médias qui donnent de la voix aux uns plutôt qu’aux autres sont spécifiques à un certain nombre d’initiatives sur les marchés financiers. En France par exemple, une opération financière accompagnée par une tonalité négative sera rapportée plus souvent par la PQN et la PQR si son président s’exprime, mais toujours amplifiée par les agences en ligne.

Écrire un commentaire | Tags : ,  | Publié dans Gouvernance d’entreprise, Politique business

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