La blog de Bertrand Dussauge

Le Velib de JC Decaux est copié à Rio de Janeiro

Ajouté le Fév182009
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0902velib_rioCeux qui sont partis défiler au carnaval de Rio ne seront pas trop dépaysés par « Pedala Rio » mis à disposition près des stations de métro. Malheureusement pour la balance des paiements française,  JC Decaux n’a pas gagné cet appel d’offres face à un partenariat entre la mairie carioca et l’entreprise Serttel de Recife qui a le droit de commercialiser un espace publicitaire sur le vélo loué mais subventionné.

Rio de Janeiro est la première ville du Brésil à exploiter ces bicyclettes sur les 140km de pistes existantes, la seconde longueur cyclable d’Amérique du Sud. A ce jour, huit stations sont disponibles sur la fameuse plage de Copacabana et 48 emplacements  sont progressivement ouverts en 2009 dans les quartiers de : Ipanema, Leblon, Lagoa, Botafogo, Flamengo, Centro et Tijuca.

Les critiques visibles sur les blogs brésiliens avancent deux problèmes : le premier est culturel et l’autre est pratique et financier. Les cariocas ne pédalaient pas beaucoup plus que les parisiens avant le Velib. Mais sans doute pour d’autres raisons. A Rio soit il fait très chaud, soit il pleut à verse, soit les deux!
Enfin, les cyclistes comme les piétons sont la proie des quatre roues dont les bus chauds (quentao) et moins les bus conditionnés (frescao). Les bus « chauds » sont exploités par des entreprises privées qui rémunèrent les chauffeurs au nombre de passagers embarqués dans une journée. Résultat : les bus se doublent sur deux ou trois lignes en fonçant comme les taxis new-yorkais et ils s’arrêtent quand un groupe de personnes lève le bras, pas forcément à un arrêt officiel (non matérialisé sur la chaussée). A cette caractéristique peu courante, il faut savoir que pour des raisons de sécurité en face des agressions, les feux rouges ne sont plus respectés  la nuit tombée.
Enfin, si des conditions avantageuses sont offertes aux familles, il faut préalablement s’enregistrer sur le site internet: http://www.mobilicidade.com.br  pour obtenir un code avec une signature électronique en déposant une caution. La habitants disposés à pédaler n’ont pas tous des cartes bancaires voire  de comptes en banque et souhaiteraient régler en cash en prenant la bicyclette. Les tarifs sont de Real$10,00 (€3,5) pour une journée; R$ 30,00 pour une semaine et R$350 pour un abonnement annuel. Mais une caution de  R$350,  soit plus de €120 ou un smic local, est conservée jusqu’à restitution du vélo même pour les 30 minutes gratuites!

Les grandes réunions internationales sur le réchauffement climatique ont largement influencé une population brésilienne qui aime adopter rapidement les tendances mondiales, a contrario des français plutot conservateurs. Il y a, à mon sens, une erreur de marketing sur ce projet écologique. Les personnes aisées (dans la cible internet et les gammes de prix pratiqués) ne voudront pas arriver trempées de sueur ou d’eau de pluie au bureau. Les smicards et ceux qui n’ont pas d’emploi ne pourront pas se l’offrir (en payant;-). Il faudrait adapter cette idée européenne au contexte culturel. Si une entreprise de Recife n’a pas su l’imaginer, Decaux y aurait surement pensé. Créer des emplois  pour encaisser les paiements, entretenir la flotte de Pedala Rio et pédaler pour les costumes trois pièces seraient plus populaires.

Article écrit le mercredi 18 février 2009 | Tags : , , , ,  | Publié dans Outremer  | Suivre les commentaires par RSS 2.0  | Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.

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