La blog de Bertrand Dussauge

L'Oscar mérité de Slumdog ne récompense pas le vrai message du film

Ajouté le Fév232009
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0902slumdogCe film plein de fluides humains, comme la « Cité de dieu » de réalisateurs brésiliens, est réalisé  par le britannique Danny Boyle qui dirige des acteurs inconnus mais tellement brillants. Sensibilisé dans son enfance par une banlieue qui connait le chômage, Boyle a déjà reçu le Golden Globe pour son huitième long métrage: Slumdog Millionaire.
Je suis curieux de lire  le livre de Vikas Swarup à partir duquel le film a été adapté et qui propose encore plus de noirceurs selon les témoignages que j’ai pu lire dans les blogs mais pas : « le destin était écrit ». Le livre avait reçu le Prix Grand Public du Salon du livre de Paris en 2007.

Ce qui est intéressant dans le succès de cette histoire qui reçoit la récompense suprême des Oscars mais surtout du public, c’est la morale.

Les plus pauvres et le public voudraient comprendre le contraire des propos prêtés au personnage principal, Jamal Malik, l’ado orphelin qui va gagner 20 millions de roupies au jeu télévisé « qui veut gagner des millions ». Jamal ne cessent de dire plusieurs fois dans le film que son destin (bhagya) est écrit. Il suffirait d’attendre patiemment!

Tout le monde risque de comprendre que la chance est prévue de toucher un malchanceux comme un autre parce que nos destins seraient écrits. Je pense au contraire que le destin apparent de cet orphelin de 10 ans avec son seul frère ainé Salim, très mal barrés comme ses 65 millions de contemporains vivant dans les bidonvilles, a pu changer par la volonté de Jamal de gagner. Justement, le jeune Jamal veut retrouver la petite fille, Latika,  qu’il a protégée une première fois sous la pluie. Toute son énergie dans le film sera nourrie par la volonté de gagner le droit de vivre avec elle. Cette envie de gagner va le mettre dans des situations qui vont changer son destin apparent.

Salim, le frère ainé, veut gagner de l’argent pour survivre. Normal. Il tombe dans la criminalité pour sauver Latika des mains de ses proxénètes, pas de chance! Toutes les actions entreprises par Jamal pour retrouver l’amour de sa vie, Latika, vont aboutir par le jeu du hasard et de la chance (le destin). Le jeune illettré gagne 20 millions de roupies soit 1000 fois le smic en Inde (€315000) qu’il ne voulait pas gagner...(contrairement à une grande majorité).

D’ailleurs les $100 millions de recettes du film posent des problèmes d’éthique vis à vis des acteurs comme les deux enfants Azhar et Rubina, qui reçoivent des studios de production une bourse pour leur éducation et sont protégés avec leur famille dans des appartements que les parents possèderont à leur majorité.

Croire au destin, c’est prendre des risques de dire ou faire quelque chose quand on croit que l’on a rien  perdre où quand on sait ce que l’on veut gagner! N’est-ce pas?

Article écrit le lundi 23 février 2009 | Tags : , , , , ,  | Publié dans Analytics, opinion, Outremer  | Suivre les commentaires par RSS 2.0  | Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.

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