La blog de Bertrand Dussauge

Nicolas de Tavernost, Franck Esser ou Eric Boustouller restent cois sur l’AFP

Ajouté le Mar312010
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P1000796Voilà un moment que je ne m’étais pas rendu à une conférence organisée par l’Institut Montaigne, le think-tank de M. Bébear.  Lundi 29 mars le thème respectait une formulation bien française que les invités ont d’ailleurs soulignée : le numérique menace-t-il les industries culturelles et les médias? La question aurait pu être : quelles sont les opportunités?

François Rachline, le directeur général de l’IM avait invité J-M. Colombani de slate.fr, Franck Esser de SFR,  Nicolas de Tavernost de M6 & Eric Boustouller de Microsoft pour commenter cette question et les premiers propos de Frédéric Martel, invité speaker,  sur son dernier ouvrage Mainstream publié chez Flammarion.

Alors que M. Rachline rappelle à la salle la liberté d’expression qui caractérise l’Institut, on écoute durant une petite heure les invités à la recherche d’un consensus improvisé autour de la rémunération des producteurs, des intermédiaires et des auteurs. Chacun de ces présidents influencent à leur manière les élus. Pourtant, aucun ne semble partager la co-responsabilité de l’hyper-protectionnisme français qui a retardé l’apparition de concurrents dans la diffusion audiovisuelle ou les opérateurs de télécom, par exemple au hasard. Dommage que François n’ait pas invité un banquier.

Nos invités parlent du mainstream au cinéma, du prix unique des livres, de la musique produite en ligne, des jeux et même de la presse. Mais quand je pose la question de savoir si l’AFP doit revoir la productivité des journalistes par rapport à celle des correspondants des autres agences de presse mondiales ou si le modèle économique doit être revu. Personne ne veut répondre! Au point que le silence devient si épais que J-M. Colombani libère ses voisins en déclarant participer à un groupe de réflexion sur ce sujet qui doit rendre son rapport au gouvernement et qui lui interdit tout commentaire auparavant. Excuse acceptée!

Mais les autres, ils n’ont plus d’avis sur un fleuron des agences de presse mondiales qui est bien challengé par le numérique. Quelles belles langues de bois et quel manque d’authenticité.  Même notre chercheur Martel n’ose ouvrir la bouche sur un sujet, juste interdit de commentaire par ses voisins. Je me suis revu dans les années 70 quand le ministre de l’information M. Peyrefitte relisait les journaux tv pour approbation avant diffusion. Pourquoi Pierre Louette, en pleine négociation sur la réforme de l’AFP, a-t-il donné sa démission pour rejoindre France Télécom?

Vous comprenez pourquoi les synthèses de ces conférences sur le blog de l’Institut me conviennent parfaitement juste pour vérifier l’intérêt de chaque nouvelle étude publiée. Je n’en apprend pas plus en me déplaçant. Mais les dirigeants, hormis certains politiques, ne livrent toujours pas leur pensée dans ce type de réunion, ni aux universités d’été du Medef. Peut-être M-E. Leclerc ne considère aucun sujet tabou? D’ailleurs il anime son blog depuis longtemps…

Article écrit le mercredi 31 mars 2010 | Tags : , , , , , , ,  | Publié dans Journalistes, opinion, Politique business  | Suivre les commentaires par RSS 2.0  | Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.

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