La blog de Bertrand Dussauge

Une tempête d’émotions avec Shakespeare au théâtre Marigny

Ajouté le Avr212010
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Voilà une émotion acquise hier qui manquait à mon « émotithèque ». Il faut avoir vécu une pièce de Shakespeare réalisée comme à son époque pour croire durant les deux heures de spectacle que la pièce avait été écrite la semaine dernière par un contemporain qui cherchait une morale à la crise que nous traversons. C’est tout simplement le metteur en scène Sam Mendes qui vient de créer une rupture méthodologique dans l’interprétation du théatre classique. L’empreinte de sa marque redonne toute la puissance des talents de Shakespeare. J’aimerais qu’il s’empare de Molière, de Racine ou de Corneille de la même manière. Les décors, les costumes, les accessoires, les mouvements, les intentions des acteurs, tout ancrait l’histoire d’une trahison et de la noblesse du pardon dans l’actualité.

J’ai eu la chance rare d’être invité au dixième rang de l’orchestre du théâtre Marigny hier soir, à côté de l’acteur doublement oscarisé Kevin Spacey et non moins directeur du célèbre théatre « The Old Vic » à Londres. C’est justement ce panthéon britannique des génies vivants qui a matérialisé l’idée de créer un pont (The bridge Project) entre Londres et Manhattan pour que des troupes mixtes jouent du Shakespeare dans les capitales du monde. Je vous avoue avoir dévoré les sous-titres en français qui s’affichaient au dessus du rideau pour ne pas perdre une miette de cette tempête d’émotions.

Déjà la pièce commence dans la salle toute allumée avec Stephen Dillane qui n’a plus rien a prouver dans le rôle de Prospero, Duc de Milan, et Christian Camargo dans le rôle de Ariel, esprit positif de l’air et du souffle de vie, un américain dont nous entendrons parler dans les années à venir. Si vous êtes cloués à Paris à cause des avions sans nouveau couloir aérien ou s’il vous reste un peu de curiosité, allez voir à 20h30 The Tempest jusqu’au 24 avril. Vous ne ressortirez pas comme vous étiez entré.

Je salue ces sponsors du Bridge Project qui peuvent se faire pardonner les mauvaises pratiques de leur métier, Bank of America & Merrill Lynch. Il faut savoir qu’une telle production ne trouve pas de rentabilité en cinq jours à Paris.

Article écrit le mercredi 21 avril 2010 | Tags : , , , , ,  | Publié dans Arts  | Suivre les commentaires par RSS 2.0  | Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.

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