La blog de Bertrand Dussauge

Les discussions sur les réseaux sociaux nous permettent de coexister à travers un même monde…

Ajouté le Août162010
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Je suis assez  intéressé par le langage et la perception d’autrui ce qui me permet de découvrir des morceaux de la pensée du philosophe Merleau Ponty mort en 1961. En lisant cet extrait ci-dessous, vous découvrirez des mots justes qui décrivent le plaisir qui peut rester après des conversations entre internautes.

Je m’amuse seulement en plein été  à exhumer, pour certains, un texte écrit à la libération, en 1945, qui dit beaucoup mieux que moi ce que je ressens tout bas… on ne ressort pas tout à fait le même d’une conversation passionnante. Cela ne m’arrive pas assez souvent sur Internet, mais c’est surement de ma faute!

Quelques minutes  philosophique pour oublier les coups de soleil… ou l’humidité du mois d’aout.

« Il y a, en particulier, un objet culturel qui va jouer un rôle essentiel dans la perception d’autrui : c’est le langage. Dans l’expérience du dialogue, il se constitue entre autrui et moi un terrain commun, ma pensée et la sienne ne font qu’un seul tissu, mes propos et ceux de l’interlocuteur sont appelés par l’état de la discussion, ils s’insèrent dans une opération commune dont aucun de nous n’est le créateur. Il y a là un être à deux, et autrui n’est plus ici pour moi un simple comportement dans mon champ transcendantal, ni d’ailleurs moi dans le sien, nous sommes l’un pour l’autre collaborateurs dans une réciprocité parfaite, nos perspectives glissent l’une dans l’autre, nous coexistons à travers un même monde. Dans le dialogue présent, je suis libéré de moi-même, les pensées d’autrui sont bien des pensées siennes, ce n’est pas moi qui les forme, bien que je les saisisse aussitôt nées ou que je les devance, et même, l’objection que me fait l’interlocuteur m’arrache des pensées que je ne savais pas posséder, de sorte que si je lui prête des pensées, il me fait penser en retour. C’est seulement après coup, quand je me suis retiré du dialogue et m’en ressouviens, que je puis le réintégrer dans ma vie, en faire un épisode de mon histoire privée, et qu’autrui rentre dans son absence, ou, dans la mesure où il me reste présent, est senti comme une menace pour moi. »

Extrait de Phénoménologie de la perception, Gallimard, coll. Tel, p. 407

Article écrit le lundi 16 août 2010 | Tags : , , ,  | Publié dans Analytics, opinion, reseaux sociaux  | Suivre les commentaires par RSS 2.0  | Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.

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